Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Platon est-il mort en 348 ?

Les lecteurs vont réagir : En 348 ? Oui, mais en moins 348 ! La différence est de presque 700 ans, autant qu’entre nous et Marco Polo.

Deux questions se croisent dans cette date. D’une part, Platon ignorait ces EC et AEC mis au point bien plus tard en Europe chrétienne. Les dates de son époque étaient donc dites dans un autre cadre : lequel ? Et est-on sûr de pouvoir le ‘convertir’ dans notre cadre chronologique ?

D’autre part : à qui doit-on cette date (convertie) de 348 ? Est-ce fiable ?

Continuer la lecture de « Platon est-il mort en 348 ? »

Sur la pancarte

Une des inscriptions les plus connues en Europe, est celle qui figurait, dit-on, sur une pancarte placée en haut de la croix où mourut Jésus. Elle est bien connue des deux côtés de l’Europe, côté grec et côté latin, parce qu’elle a été très souvent peinte, gravée, ajoutée à des sculptures, en petit ou en grand format. Il en existe des milliers d’exemples, mais avec des variantes parfois notables.

En réalité, très peu des gens qui, par exemple, passent devant une image de la Crucifixion, sont capables de dire cinq minutes plus tard si elle comportait une pancarte, et ce qu’il y avait écrit dessus. La pancarte en haut de la croix est un exemple presque absolu de ce qu’on voit sans le voir.

C’est parfait pour Caramel : nous allons y regarder de plus près.

Continuer la lecture de « Sur la pancarte »

L’Outre-monde

Parfois, nous parcourons dans nos rêves des endroits étranges, dont nos activités récentes ne suffisent pas à rendre compte. Il arrive même que nos rêves nous transportent dans des pays inconnus, inclassables sur la mappemonde – et encore moins depuis que nous la croyons complète.

L’un des plus étonnants de ces voyages en rêve, daté 1467, a été publié en 1499, dans un italien un peu bizarre mais dans une édition magnifique avec beaucoup d’images. En réalité, c’est un des livres imprimés les plus étranges qui soient. Le titre est Hypnerotomachia Poliphili, ‘le combat d’amour que Poliphile vécut en songe’.

Continuer la lecture de « L’Outre-monde »

Le sens de la lecture

Ce n’est pas philosophique, mais topographique. Nous lisons (et écrivons) dans quel sens : vers la droite, la gauche ? Vers le bas, vers le haut ? En travers ?!

En français, comme dans la plupart des autres langues d’Europe aujourd’hui, on lit de gauche à droite ( → ) puis de haut en bas. Notez que pour écrire, ce n’est pas toujours la même chose : on voit en France des gauchers écrire de haut en bas, verticalement, puis redresser leur page ensuite ! L’image ici montre l’inscription runique de Möjbro, en Suède. On lit de droite à gauche ( ← ), en commençant par le bas !

Nous allons voyager un peu en cartographiant ces folies. Cela vous permettra d’organiser vos vacances.

Continuer la lecture de « Le sens de la lecture »

Strates

Le luth va-t-il tomber ?

A la fin de mes études universitaires, si l’on m’avait demandé deux exemples clés pour illustrer ce qu’est la science, j’aurais mentionné la notion de « strates » et celle de « détail invisible ». De la seconde, je parlerai une autre fois.

La notion de « strate » est un sommet de la pédagogie moderne. Elle est devenue, après bien des résistances, un outil intellectuel majeur.

Elle suggère que ce qui est dessous est plus ancien ; et que ce qu’on a construit ensuite est au-dessus. Cette notion rassemble, ou paraît rassembler, la Nature vue à travers l’idée des sédiments qui se déposent et la Culture où il semble que même pour le nier, on construit sur le passé, ‘sur les épaules des géants’1.

Continuer la lecture de « Strates »
  1. Le titre aussi d’un recueil de textes d’Umberto Eco. [↩]

Ville des signes

Les Japonais sont célèbres, entre autres choses, pour écrire leur langue de façon compliquée. J’en dirai un mot plus loin, mais ce qui m’occupe est autre chose : ils veulent tout indiquer.

Peut-être est-ce leur écriture qui rend pour nous si évident ce souci minutieux d’indiquer – alors qu’il en va de même chez nous ? Je vais donner des exemples depuis Kyōto.

Continuer la lecture de « Ville des signes »