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L’emprise et le ressenti

Le mot ‘emprise’ a un sens technique. Les plans urbains montrent par exemple l’ampleur croissante, puis décroissante, des emprises ferroviaires.

La vogue du terme n’est guère antérieure à 2015. Elle date des efforts pour prendre en compte une forme particulière de sujétion, souvent associée à la sexualité. Mais il est difficile de prendre en compte le ‘ressenti’ qui lui est associé. Cela ne signifie pas que ce ressenti n’existe pas, ou qu’il n’aurait pas d’importance.

Si la notion ‘d’emprise’ a été utilisée par les femmes pour exprimer une forme d’assujettissement psychologique, les hommes peuvent alors tout autant invoquer l’emprise des femmes sur eux. Le concept conserve son intérêt, mais s’élargit. Il sera intéressant de voir comment il va évoluer.

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Majorités

Escalier symbolique menant à la majorité !

‘Majorité’ est un terme important, sous toutes ses facettes.

Il réunit l’individu et la collectivité par la ‘majorité civile ou légale’, permettant de voter, mais aussi le social et l’intime par la ‘majorité matrimoniale’ et la ‘nubilité’. Nous verrons aussi la ‘majorité sexuelle’, sujet difficile. Il y a encore la ‘majorité pénale’.

Les enjeux sociaux et moraux sont évidents – nous allons y revenir.

Mais la ‘majorité’ est d’abord un concept clé du « développement personnel ». Dans l’optique d’aujourd’hui, l’adolescent un jour devient ‘majeur’ – et toute l’histoire est de savoir si l’adolescence s’arrête ce jour-là.

Les juristes n’ont pas la vie facile…

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Pourquoi ?

Vous n’en dormez plus. Ce mot « pourquoi ? », que veut-il dire exactement ? D’un côté, il signifie ‘pour quelle cause’ (pourquoi ont-ils fait cela ?) et de l’autre ‘dans quel but’ (pourquoi nous a-t-il dit cela ?).

On devrait au moins distinguer l’un de l’autre en écrivant, par exemple, « pourquoi » et « pour quoi ». Pourquoi ne le fait-on pas ?

En outre, en français, la réponse n’est pas « pource que » mais « parce que ». On ne pourrait pas réformer la langue française pour qu’elle devienne enfin un peu sérieuse ? Que fait l’Académie ?!

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Maîtresses

Il existe des listes des ‘maîtresses des souverains de France’. Vu comme ça, c’est people. Mais de plus près, c’est intéressant. Que ces listes existent ouvertement est déjà instructif. Surtout, elles mettent en évidence une série de femmes dont plusieurs ont joué un rôle important.

La tendance est à voir dans ces “maîtresses” le type des femmes aliénées, des jouets des Puissants. Mais c’est les réduire à un cliché. Ce sont des femmes dont la vie et les actions sont souvent passionnantes et utiles à étudier.

Grâce à leur position à la fois protégée et dangereuse, plusieurs d’entre elles ont imposé dans les faits, en France, une vue critique sur le mariage, et ont introduit de façon intelligente un point de vue durable sur le rôle des femmes.

Le dessin de Clouet représente Jeanne d’Étampes, favorite de François Ier.

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L’État et les religions

Sujet chaud ? L’Assemblée Constituante a décidé à la fin du XVIIIe siècle que les hommes étaient égaux en droits.

Cela désignait un horizon souhaitable, récusant le déni opposé constamment aux gens asservis : « vous voyez bien que vous êtes inférieurs ! regardez les faits ! » Les députés de la Constituante n’étaient pas idiots : ils savaient que l’égalité des droits, même une fois déclarée dans le Droit, mettrait longtemps à s’imposer dans les faits. Ils pensaient que désigner cet horizon était utile, et porteur d’espoir.

En 1905, une loi désengageait l’État de l’influence des religions. A travers le cas, évident à l’époque, de l’influence de l’Église romaine, les députés et les sénateurs qui votèrent la loi de Séparation des Églises et de l’État posaient un principe plus général : les religions étaient respectables, mais n’avaient rien à faire dans la sphère publique.

Les Églises sont là pour qui voudra, mais l’État doit être là pour tout le monde. Le citoyen ne se définit pas par aucune caste ou congrégation ou communauté à quoi il appartiendrait : il est d’abord un citoyen. Détestées par beaucoup, ce sont pourtant ces décisions audacieuses qui ont donné à la France le rayonnement qu’elle a encore.

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