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Nāgārjuna, le logicien ironique

Donatrice. Bamiyan, VIIe siècle.

On ignore quand exactement a vécu Nāgārjuna : aux IIe et IIIe siècle EC. Certaines de ses œuvres nous sont parvenues en sanskrit ; d’autres seulement en traductions, tibétaine ou chinoise. En Chine, on l’appelle Lóngshù 龍樹 ; en tibétain Klu-sgrub (pron. Lu-dub) ; au Japon, on dit Ryūju.

Nāgārjuna, grand nom des philosophies indiennes, est illustre au-delà des Indes car il a contribué à rendre célèbres en Asie certaines formes du bouddhisme. Je l’appelle le « logicien ironique » parce que son œuvre majeure est faite de contrastes astucieux, dans l’idée que rien de ces notions qu’on agite n’est acceptable en soi.

C’est de l’ironie au sens premier : une distance posée sur ce qu’on dit. Et chez Nāgārjuna aussi, cela peut devenir amusant.

A la mémoire de Michel Angot

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Sur la pancarte

Une des inscriptions les plus connues en Europe, est celle qui figurait, dit-on, sur une pancarte placée en haut de la croix où mourut Jésus. Elle est bien connue des deux côtés de l’Europe, côté grec et côté latin, parce qu’elle a été très souvent peinte, gravée, ajoutée à des sculptures, en petit ou en grand format. Il en existe des milliers d’exemples, mais avec des variantes parfois notables.

En réalité, très peu des gens qui, par exemple, passent devant une image de la Crucifixion, sont capables de dire cinq minutes plus tard si elle comportait une pancarte, et ce qu’il y avait écrit dessus. La pancarte en haut de la croix est un exemple presque absolu de ce qu’on voit sans le voir.

C’est parfait pour Caramel : nous allons y regarder de plus près.

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L’Outre-monde

Parfois, nous parcourons dans nos rêves des endroits étranges, dont nos activités récentes ne suffisent pas à rendre compte. Il arrive même que nos rêves nous transportent dans des pays inconnus, inclassables sur la mappemonde – et encore moins depuis que nous la croyons complète.

L’un des plus étonnants de ces voyages en rêve, daté 1467, a été publié en 1499, dans un italien un peu bizarre mais dans une édition magnifique avec beaucoup d’images. En réalité, c’est un des livres imprimés les plus étranges qui soient. Le titre est Hypnerotomachia Poliphili, ‘le combat d’amour que Poliphile vécut en songe’.

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Traduire

Nurith Aviv explique d’où vient son prénom, et pourquoi il y a un H à la fin !

En 2011, Nurith Aviv a sorti ‘Traduire’, un film documentaire, où elle écoute et filme dix personnes, dix traducteurs, qui nous parlent de la traduction. Le film les laisse parler dans leur langue, chacun ou chacune, et c’est sous-titré. C’est traduit.

Ces traducteurs parlent de ce qui les passionne dans les textes des cultures juives, anciens, médiévaux, modernes, contemporains ; l’émerveillement de traduire ces textes qu’ils ont jugés merveilleux ou importants – mais aussi comment c’est un travail difficile et révélateur pour eux-mêmes. Ces gens ne se réclament pas d’une religion. D’une culture, oui, mais polyglotte.

Le travail de cinéaste de Nurith Aviv, qui est française, est depuis longtemps reconnu par de nombreux prix. Cela ne l’empêche pas, comme Agnès Varda à qui elle ressemble, de rester modeste.

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