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Arts martiaux

En France, l’expression crève l’écran en 1970. Entre le premier épisode du Sabreur manchot (1967) et le dernier Bruce Lee, Opération Dragon (1973).

Les arts martiaux sont sans âge. Mais ils se distinguent de la guerre ordinaire à tous égards. Ils ne viennent au monde (notre monde à nous, à tous) que quand on est las du fusil et du flingue. L’art est martial quand il remet le corps au premier plan. Le corps humain, pas le corps d’armée.

Au fond, il rejoue le paradoxe du mousquetaire, qui est si français. Car je vous rappelle que ‘mousquetaire’ vient de ‘mousquet’, la première arme à feu portative. On ne dirait pas1.

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  1. Là-dessus, voir la note éditoriale. [↩]

Le disque des images

Venise n’apparaît plus dans la presse qu’à propos du surtourisme et des paquebots géants – de nouveau autorisés malgré les dangers.

A propos des lieux célèbres, un discours plus équilibré paraît meilleur. Sinon, on va finir par les transformer en parcs payants très chers. Le tri par l’argent n’a jamais été le plus intelligent. Il paraît plus adroit de favoriser, sans les ruiner, les visiteurs qui y restent plusieurs jours, puisque cela montre qu’ils se sont renseignés, et qu’ils savent où ils sont.

Quelque chose à voir à Venise ? Voici une suggestion.

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Les idées qu’on a

Il y a une époque passionnante de la réflexion française, où les philosophes et les physiciens parlaient avec simplicité, dans un vocabulaire clair pour les gens cultivés, parce qu’ils savaient que ce n’est pas tellement les mots qui font les choses, et que les mots compliqués obscurcissent le propos.

C’était aussi, pour la même raison, une période lumineuse pour l’histoire de la réflexion scientifique, pour l’histoire des sciences, et pour le dialogue toujours renoué, par ces grands hommes eux-mêmes, entre les lettres et les sciences. Je vais prendre exemple de deux personnages majeurs, Emile Meyerson (1859 – 1933) et Léon Brunschvicg (1869 – 1944).

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Souvenir et sourire

Roche dans un torrent alpin.

Priés d’analyser ces deux mots français, on dirait : sou-venir et sou-rire. On doit pourtant trouver des sens différents au préfixe. On peut comprendre ‘sourire’ comme ‘rire en dessous’ (moins fort, un peu caché, par connivence), mais comprendre ‘souvenir’ comme ‘venir en dessous’ réclame plus d’imagination.

Il existe un autre décalage entre les deux verbes. En latin subridere existait avec un sens comparable à ‘sourire’, alors que subvenire signifiait ‘survenir, venir en aide’, comme le ‘subvenir’ français qui en est une imitation.

La tradition conjuguée du son et du sens, assez claire avec ‘sourire’, a été rompue avec ‘souvenir’, invention de date française. Qu’est-ce que c’est, la tradition ?

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L’écorce et le noyau

C’est un mystère : pourquoi tant d’objets ont-ils une surface, une enveloppe, qui cache à l’intérieur tout à fait autre chose ?

Si le mot ‘mystère’ signifie que quelque chose est caché, et avec une signification qu’il faut chercher, alors de nombreuses possibilités s’ouvrent à la recherche, à petite et à grande échelle.

A petite échelle, tous ces fruits qui recèlent un noyau dur ! A grande échelle, certaines planètes, dont la nôtre, n’ont pas elles aussi un noyau ?

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